Pervertir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle. Emprunté du latin pervertere , « renverser entièrement, bouleverser de fond en comble », lui-même composé du préfixe intensif per

et de vertere , « tourner »
Détourner du bien par volonté de corrompre. Pervertir la jeunesse. Ses mauvaises fréquentations l'auront bientôt perverti. Au participe passé, adjt. Une société pervertie. Pron. Ce jeune homme s'est promptement perverti. Par ext. Altérer, dénaturer quelque chose. Pervertir l'ordre des choses, l'ordre de la nature. Pervertir un système politique. Les mets épicés peuvent le goût. Pervertir le sens d'un texte, d'un passage , lui donner une signification qui n'est pas la sienne. Au participe passé, adjt. Selon Aristote, la tyrannie est la forme pervertie de la monarchie. Titre célèbre : Le Paysan perverti, de Restif de La Bretonne (1775).


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Faire changer de bien en mal, corrompre avec intention. "Les mauvaises compagnies le ont. Pervertir la jeunesse."
"Pervertir l'ordre des choses", Troubler un ordre établi.
Fig., "Pervertir le sens d'un passage", Le dénaturer, l'altérer; substituer un faux sens à celui qui est reconnu pour le véritable.
SE PERVERTIR signifie Devenir pervers. "Ce jeune homme s'est promptement perverti".



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Faire changer de bien en mal, en matière de morale. Les mauvaises compagnies ont perverti ce jeune homme.
FLEURY: « Ce furent les femmes étrangères qui ent Salomon »

 2   Déranger, troubler.
BOURDAL.: « Je dis que c'est l'ordre des choses ; pourquoi ? parce que, dans l'ordre des choses, le repos n'est pas pour lui-même, mais pour le travail »
FLÉCHIER: « Les honneurs sont institués pour récompenser le mérite.... mais l'esprit du monde en a perverti le véritable usage »
    Pervertir le sens d'un passage, l'altérer, le dénaturer.

 3   Se , v. réfl. Devenir perverti. Ce jeune homme s'est promptement perverti.

REMARQUE
    Saint-Simon a, suivant les idées intolérantes de son temps, dit se au lieu de se convertir, en parlant d'une religion qu'il regardait comme fausse :
SAINT-SIMON: « Riperda avait été catholique, mais il s'était perverti pour entrer dans les charges de son pays »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
ST BERN.: « Cil qui se poinent de les saintes Escriptures »
    XIIIème siècle
J. DE MEUNG: « Tu es riches et sires ; mes en seignorissant.... Vas ton ordre et les autres auques parvertissant »
    XIVème siècle
J. DE CONDÉ: « Trop est li siecles perviertis, Et li biens en maus conviertis »
     Ménagier, I, 9: Ce que tu feras de bien, tes anciens ennemis le ont ou amenuiseront
    XVème siècle
E. DESCH.: « Vous qui voulez du jour faire la nuict, Pervertissans par dormir la clarté Du beau soleil, qui pour besongner luit »

ÉTYMOLOGIE
    Prov. et esp. ; port. perverter ; ital. pervertere ; du lat. pervertere, de per, et vertere, tourner.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Faire changer de bien en mal, dans les choses de religion et de morale. "Pervertir un chrétien. Pervertir un jeune homme, en le jetant dans le vice, dans la débauche. Pervertir la jeunesse. Pervertir un bon naturel. Le luxe a perverti bien des femmes."
"Pervertir l'ordre des choses," Troubler un ordre établi.
Fig., "Pervertir le sens d'un passage," Le dénaturer, l'altérer; substituer un faux sens à celui qui est reconnu pour le véritable.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et il signifie, Devenir pervers. "Ce jeune homme s'est promptement perverti."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Faire changer de bien en mal dans les choses de religion ou de morale. "Pervertir un Chrétien. Pervertir un Catholique, en lui faisant quitter sa religion. Pervertir un jeune homme, en le jetant dans le vice, dans la débauche. Pervertir la jeunesse. Pervertir un bon naturel. Il ne faut qu'un mauvais esprit pour toute une compagnie, toute une communauté".
On dit, "Pervertir l'ordre des choses," pour dire, Troubler un ordre établi.
On dit aussi figurément, "Pervertir le sens d'un passage. Pervertir le sens de l'Écriture".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Faire changer de bien en mal dans les choses de la religion ou de la morale. "Pervertir un Chrétien. Pervertir un Catholique, en lui faisant quitter sa religion. Pervertir un jeune homme, en le jetant dans le vice, dans la débauche. Pervertir la jeunesse. Pervertir un bon naturel. Il ne faut qu'un mauvais esprit pour toute une compagnie, toute une communauté."
On dit, "Pervertir l'ordre des choses," pour dire, Troubler un ordre établi.
On dit aussi figur. "Pervertir le sens d'un passage. Pervertir le sens de l'Écriture."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Faire changer le bien en mal dans les choses de la Religion, ou de la morale. "Pervertir un Chrestien. un Catholique en le faisant quitter sa Religion. un jeune homme en le jettant dans le vice, dans la debauche. la jeunesse. un bon naturel. il ne faut qu'un mauvais esprit pour toute une compagnie, toute une communauté".
On dit, "Pervertir l'ordre des choses," pour dire, Troubler un bon ordre establi.




Emplacement dans le dictionnaire :

pertinent
perturbation
perturber
pertus
pertusaire
pervers
perversement
perversion
perversité

pesage
pesamment
pesant
pesanteur
pesat
pescheur
pèse
pesé
pèse-lait
pesée
peser




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...en présence et en lutte, la vaincue voit revenir contre elle tout le fluide nerveux qu'elle avait émis. La volonté perverse de la princesse repoussée par la volonté sainte du moine était revenue pervertir sa lumière astrale. Les fantômes mauvais qu'elle avait envoyés au moine, le moine inconsciemment les lui renvoyait accrus ; au lieu d'obséder le moine, elle était obsédée par le moine : le mal...


Citation n°2 de Charles BONSTETTEN (L'Homme du Midi et l'homme du Nord ou l'influence du climat)

...juste sur rien. Toutes les opérations de la raison humaine ont pour but d'apprendre à ne croire que par de bonnes raisons. Apprendre aux hommes à croire sans raison, et contre la raison, c'est les pervertir dans le plus noble don de la divinité, celui de la raison humaine. L'immense avantage de l'instruction religieuse chez les nations du nord, c'est qu'elle n'est jamais faite par des ordres mendians....


Citation n°3 de Charles BONSTETTEN (L'Homme du Midi et l'homme du Nord ou l'influence du climat)

...aller au hasard les idées de chacun, mais de concentrer les connoissances de chacun précisément dans sa condition. Placer les pensées des hommes d'un côté, et leurs occupations de l'autre, c'est pervertir l'ordre de la société ; mais placer les connoissances de chacun dans le cercle de ses occupations, concentrer ses idées dans les devoirs de son état, c'est consolider le système social. Le sentiment...


Citation n°4 de Étienne PIVERT de SENANCOUR (Obermann : t. 1)

...les femmes, qui méprisent les talens, la valeur, le mérite. Quand l'imbécillité de l'esprit, l'impuissance des organes, ou la grossièreté de l'âme rendent incapable d'user d'un bien sans le pervertir, on calomnie ce bien, ne voyant pas que c'est sa propre bassesse que l'on accuse. Un homme de mauvaises moeurs méprise les femmes, un raisonneur épais blâme l'esprit, un sophiste moralise contre...


Citation n°5 de Louis-Sébastien MERCIER (Tableau de Paris : t. 5 à 8)

...réflexion. L'état de leurs maris, quoiqu'elles affectent de le mépriser, a passé dans leurs coeurs ; et jamais elles n'auront le tour facile et le langage aisé des femmes de qualité ; l'or semble pervertir les caracteres. La financiere qui craint le reproche fait tout ce qu'il faut pour le justifier. Les femmes de robe ont des ridicules petits ; la financiere a des tons qui décelent la suprême...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...